Le fentanyl sinvite au Nunavik : une réalité inquiétante

Kim Sullivan
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Le fentanyl sinvite au Nunavik : une réalité inquiétante

Le Nunavik est confronté à plusieurs crises – celle de l’habitation, de la sécurité alimentaire et de la sécurité publique. Maintenant, l’entrée de drogues illicites fortes en crée une de plus. En début d’année 2026, les intervenants de première ligne du Nunavik ont rapporté l’arrivée du fentanyl sur leur territoire. Cette constatation est inquiétante pour Pita Ataami, le président de la société Makivvik, l’organisation qui représente les Inuits du Nunavik. « Nous nous trouvons dans une situation regrettable où l’alcool et les drogues dures ont pris le dessus sur une partie, voire la majeure partie, de nos communautés. Il y a encore beaucoup de citoyens exemplaires, mais il y a aussi beaucoup de gens qui ne font que boire et consommer des drogues dures. » Depuis 10 ans, le sergent Matthew Turner travaille pour le service de police du Nunavik – ou NPS. « La drogue la plus répandue dans le nord, c’est l’alcool. Je dirais qu’ensuite viennent le cannabis, la cocaïne, le shatter, les amphétamines et le crack. Il y a tellement de types de drogues différents qui ont fait leur apparition dans le nord. » Et lorsqu’une nouvelle substance fait son apparition, elle s’accompagne de nouveaux défis. « C’est donc très compliqué, et c’est difficile à gérer, car il s’agit d’une nouvelle drogue qui fait son apparition au sein de la communauté, une drogue qu’ils n’ont jamais vue ni expérimentée auparavant, et on ne sait pas comment ils vont y réagir. » La mairesse de Salluit, Maggie Q. Saviakjuk, ne comprenant pas ce qui se passait dans sa communauté. « Au début, quand j’ai remarqué que les gens se comportaient bizarrement, je ne savais pas d’où ça venait. Je pensais qu’ils étaient juste… je ne savais pas ce qui se passait. J’ai appris par quelqu’un qu’ils prenaient des drogues dures. » Le fentanyl est un opioïde synthétique dont la puissance est de 50 à 100 fois supérieure à celle de la morphine. « Et je ne sais pas vraiment comment on pourrait empêcher que ça vienne d’ici », rajoute la mairesse. Un problème grandissant réside dans le fait que de nombreuses drogues renferment des traces de fentanyl. Freiner son arriver dans le nord est l’une des missions du nouveau chef du service de police du Nunavik, Jean-François Bernier. « On essaie justement de lutter contre la contrebande et contre le trafic de stupéfiants, des drogues dures qui enlèvent des vies. » Selon la police, ces stupéfiants proviennent de l’intérieur de la communauté, mais le sergent Turner spécifie que « souvent, des trafiquants de drogue de Montréal finissent par repérer des gens du coin et par se constituer un réseau de personnes à qui ils expédient. » Ceci engendre un défi de plus, selon la mairesse. « Nous essayons donc de collaborer au mieux avec la police et nous signalons ces faits. Mais cela ne sert pas vraiment à grand-chose, car nous ne les voyons pas en train de vendre ces drogues à quelqu’un. » De plus, le sergent Turner soupçonne que, depuis la légalisation du cannabis, les trafiquants de drogues du sud doivent trouver une nouvelle façon de se faire du profit. « Quelle est la meilleure alternative? Les pilules de speed, le crack, la cocaïne… et ils peuvent les vendre cinq fois plus cher qu’à Montréal. » Donc pourquoi ne pas contrôler les drogues qui entre par vol ou par bateau? « Il y a tellement de colis et de boites envoyés au Nunavik que je ne pense pas qu’ils puissent vérifier chacun d’entre eux », répond le sergent Turner. Mr Ataami rajoute qu’en « été, il est plus difficile d’assurer le contrôle, car différentes compagnies maritimes font escale dans la région », comme les compagnies de construction, de livraisons ou de maintenance d’infrastructure. Le sergent Matthew Turner dans une des salles de la station de police de Salluit. Pourtant, rajoute le chef Bernier, ce sont de petites communautés où tout le monde se connait… « Le service de police devrait, techniquement, être enseveli d’informations privilégiées parce que tout le monde connaît les trafiquants puis comment ils procèdent. » Malheureusement, la crise de confiance que les Nunavimiut ont par rapport au service de police les affecte à ce niveau aussi. « Même si on a un adresse courriel, [email protected]. C’est complètement confidentiel. On dit aux gens, créez-vous un compte hotmail boboche qui ne sert qu’à ça. Envoyez-nous l’information, on n’a pas besoin de votre nom, on n’a pas besoin de vous rappeler, on n’a pas besoin de rien. Même ça, c’est assez difficile. Il faut constamment le rappeler qu’on est là pour ça. » Il rajoute : « c’est difficile d’avoir de l’information parce que les gens restent craintifs par rapport à la capacité du service de police d’obtenir des bons résultats. » Le tout complique donc leur travail et perpétuant cette crise de confiance… Un cercle vicieux qui crée des situations fâcheuses pour tous, selon de sergent Turner. « Discuter avec quelqu’un qui est sobre, par rapport à quelqu’un qui a consommé du crack, de la cocaïne ou n’importe quelle autre drogue, rend la situation un peu plus tendue. Tout le monde doit se montrer un peu plus sur ses gardes. Cela peut parfois être très imprévisible. » Tant qu’à lui, Pita Ataami, n’y voit pas solution tant et aussi longtemps que la collectivité travaille ensemble vers un but ultime – éliminer les drogues dure en communauté. « Malheureusement, cela restera le cas tant que la communauté n’aura pas décidé qu’il faut aller plus loin que ce que nous faisons actuellement, car la communauté doit faire preuve de solidarité. » Continue Reading

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