Ottawa ignore les connaissances autochtones concernant les feux de forêt, dénonce une scientifique métisse

Jesse Staniforth
24 Min Read
Ottawa ignore les connaissances autochtones concernant les feux de forêt, dénonce une scientifique métisse

Alors que des communautés sont détruites par les flammes dans l’ouest de l’Ontario et que des centaines d’autres feux de forêt font rage depuis les Territoires du Nord‑Ouest jusqu’à la Nouvelle‑Écosse, Amy Cardinal Christianson dit comprendre le sentiment d’impuissance que ressentent de nombreuses communautés autochtones. « Nous n’avons absolument aucun contrôle sur ce qui se passe sur les terres. Pour de nombreuses personnes, c’est très frustrant de regarder ça et de vivre ça », a-t-elle déclaré à APTN Nouvelles nationales. Elle se souvient des paroles d’une amie de l’Alberta au moment où 32 000 hectares autour de Jasper ont brûlé en 2024. Son amie a dit : « Ça ne serait jamais arrivé si on nous avait autorisés à continuer d’y exercer nos pratiques culturelles là-bas. » Madame Cardinal Christianson est une scientifique métisse spécialisée dans les feux de forêt sur le territoire du Traité no 8. Elle a un doctorat spécialisé dans la gestion des feux de forêt autochtones et est directrice de la gestion responsable des feux pour l’Initiative de leadership autochtone. Elle anime également le balado Good Fire, qui porte sur la gestion autochtone du feu et les traditions autochtones. Amy Cardinal Christianson connaît très bien les traditions autochtones en matière de prévention des incendies, mais elle s’empresse de souligner que ce savoir est très répandu. « Lorsque je me rends dans le Nord pour travailler dans les communautés », a-t-elle expliqué, « dans certains endroits, jusqu’à 90 % des hommes d’un certain âge ont reçu une formation de pompier en milieu sauvage. C’est déjà un avantage important de pouvoir compter sur des personnes qui comprennent le feu et son comportement. Bien des communautés non autochtones n’ont pas ce niveau de connaissance de base. Il y a donc un sentiment de frustration et d’impuissance. » Même si elle admet que l’IA et les technologies connexes peuvent constituer des outils précieux dans la lutte contre les feux de forêt, elle soutient que la plus vaste source de connaissances sur le feu se trouve chez les peuples autochtones qui connaissent leur territoire. « Nos peuples survivent dans ces territoires depuis des millénaires, sans l’IA et autres technologies de ce type. » Ce que peuvent faire les communautés dès maintenant Amy Cardinal Christianson explique que la meilleure chose que les communautés autochtones peuvent faire pour contrôler les incendies est de commencer à travailler bien à l’avance pour établir des partenariats avec les organisations plus importantes. Toutefois, ajoute-t-elle, même les communautés confrontées à la perspective d’incendies dans le prochain mois ou les deux prochains mois peuvent profiter du resserrement des liens avec les municipalités locales, les services d’incendie, leur agence provinciale de lutte contre les feux de forêt et les représentants régionaux. « Face à des incendies aussi vastes, violents et incontrôlables que ceux qu’on a vus dans le nord-ouest de l’Ontario, les communautés sont malheureusement assez limitées dans ce qu’elles peuvent faire pour les maîtriser », a-t-elle expliqué. « Ce sont des tempêtes de feu. Ce dont on a vraiment besoin, ce sont des avions-citernes, et ils ne sont disponibles que par l’entremise des organismes provinciaux. » La fumée dégagée par l’incendie de forêt de Mooseland Road, à environ 100 km au nord-est de Halifax, est visible sur cette photo fournie le jeudi 16 juillet 2026. Photo fournie – Ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse (mention obligatoire) La Presse Canadienne. Mais Amy Cardinal Christianson indique qu’il est important que les communautés se souviennent que tout le monde a un rôle à jouer. « Même si les gens ne possèdent pas de connaissances culturelles traditionnelles ou ne sont pas pompiers, chacun peut faire quelque chose pour soutenir sa communauté lorsqu’elle est touchée par un incendie », a-t-elle déclaré. « Nourrir les gens. Juste s’asseoir et écouter les gens parler. Nous pouvons faire toutes sortes de choses pour aider nos communautés à traverser ces événements. » « Lorsque nous mettons nos efforts en commun, c’est là je crois, que nous nous sentons les plus forts comme peuples autochtones. Quand nous utilisons nos connaissances, que nous sommes sur le terrain et que nous sommes ensemble, et que nous montrons vraiment toute la force de nos communautés. » Elle affirme que même s’il n’y a pas de solution universelle aux feux de forêt, de nombreuses interventions locales peuvent faire une différence. « Nos communautés sont très diversifiées et présentent d’importantes différences culturelles, et la géographie est si différente sur le plan culturel que chaque communauté doit déterminer ce qui lui convient le mieux », a expliqué Amy Cardinal Christianson. « Personne ne devrait dire : “Vous devez faire ceci, vous devez faire cela.” Cela étant dit, il y a des bonnes pratiques, et c’est vraiment ce qu’on essaie de faire : partager les choses que certaines communautés font bien et qui pourraient être des exemples pour les autres communautés à travers le Canada. » Protéger sa maison et sa communauté Pour Arnold Lazare, directeur général par intérim du Conseil national autochtone de la sécurité-incendie (CNASI), qui vit sur le territoire mohawk de Kahnawake, l’une des façons de protéger les communautés contre les incendies est de suivre les lignes directrices du groupe Intelli-feu, avec lequel le CNASI a établi un partenariat. Intelli-feu offre une série de lignes directrices pour aider les occupants à protéger leur maison contre les incendies, y compris des conseils sur les améliorations que les occupants peuvent apporter à leur résidence, ainsi qu’à la zone tampon de 10 m autour de leur résidence et à la zone de 30 m qui l’entoure. Ces recommandations vont du remplacement des bardeaux et du revêtement extérieur par des matériaux incombustibles au déplacement des objets et de la végétation combustibles à plus de 10 m de la maison, en passant par l’élagage des branches situées à moins de 2 m du sol dans la zone située au-delà de cette zone tampon de 10 m. Selon M. Lazare, les communautés et leurs résidents n’ont que trop rarement les moyens de mettre en œuvre même ces mesures fondamentales de contrôle des incendies. « Il y a une pénurie de logements dans les Premières Nations. Plusieurs familles vivent dans ces maisons », a-t-il déclaré à APTN. « Les gens n’ont donc pas les moyens de rendre leur maison plus résistante au feu — comme remplacer les bardeaux d’asphalte par des bardeaux métalliques ou la planche à gorge par un revêtement métallique. Même si c’était le cas, dans de nombreux endroits, les maisons elles-mêmes ne sont pas conformes aux normes. Ce sont des enjeux systémiques que nous pouvons changer progressivement, mais nous savons ce qu’il faut faire. » Arnold Lazare, du territoire mohawk de Kahnawake, directeur général par intérim du Conseil national autochtone de la sécurité-incendie et pompier de carrière. Photo : NIFSC/Facebook M. Lazare souligne que la sécurité des maisons passe par celle de la communauté. Si un résident souhaite installer un système de gicleurs sur sa maison, il dépend de l’approvisionnement en eau de la communauté. « Lorsque la communauté possède un système d’alimentation en eau fiable, les gicleurs peuvent faire une réelle différence », a‑t‑il affirmé. « En revanche, si le réseau d’eau ne fonctionne pas, cela complique encore plus le combat contre les flammes. » Cela concerne également les mesures de protection communautaires plus vastes, comme l’établissement de coupe-feu, qu’il considère comme réalisable dans les communautés de taille moyenne à grande. « Mais une communauté de 50 maisons ne dispose pas nécessairement d’une rétrocaveuse », a-t-il dit. Une réponse autochtone aux feux de forêt, ou simplement les notions de base Tout comme Amy Cardinal Christianson, M. Lazare estime que les Autochtones sont les mieux placés pour assurer la protection de leurs communautés contre les feux de forêt. « [LE CNASI] tente de mettre sur pied une équipe nationale autochtone d’intervention en cas de feux de forêt, a-t-il expliqué, où nous pourrions accueillir des gens de partout au pays et les déployer à tout moment. » Il explique qu’en 2023, le gouvernement fédéral a déboursé 90 millions de dollars en billets d’avion pour faire venir des pompiers étrangers. « Et ça, ce n’est que pour le transport! », s’est-il exclamé. « Alors nous nous sommes dit, même si on nous donnait 20 millions de dollars, nous pourrions former au minimum 200 pompiers, équipement compris. » Il y a souvent un écart important entre ce que finance le gouvernement fédéral et ce que les communautés autochtones constatent concrètement dans les interventions d’urgence dont elles bénéficient. « Je crois que les Services aux Autochtones comptent 44 employés en gestion des urgences », a-t-il déclaré. « Que font tous les bureaucrates? » Selon M. Lazare, l’une des façons les plus efficaces d’utiliser les fonds disponibles serait d’équiper toutes les communautés autochtones des outils de base nécessaires à la lutte contre les incendies. « Vous n’avez pas besoin d’un service d’incendie complet si vous avez des mini-pompes qui peuvent être déployées relativement rapidement avec une quantité d’eau décente », a-t-il dit. « C’est de cette façon qu’on peut prévenir bien des pertes totales. » Les camions-pompes auraient pu aider à prévenir les catastrophes dans la Première Nation de Namaygoosisagagun, également connue sous le nom de Première Nation Collins, une petite communauté Ojibway accessible par avion à environ 250 km au nord de Thunder Bay, en Ontario. Les quelque 30 résidents de Namaygoosisagagun ont été forcés d’évacuer rapidement le 13 juillet, avant que l’ensemble des maisons et des bâtiments publics ne soient complètement détruits par l’incendie no 36 de la région de Thunder Bay. Les images de membres de la communauté dans des bateaux sur le lac Collins fuyant un mur de fumée et de flammes dans leur communauté sont depuis devenues virales. La cheffe Helen Paavola a déclaré à APTN : « C’était une question de minutes avant que les membres de ma communauté ne meurent. Durant tout ce temps, il n’y avait pas d’aide. Nous n’avons eu aucune aide. Ils n’ont eu aucune aide et ont dû fuir par eux-mêmes, et ils l’ont fait. » La Première Nation de Namaygoosisagagun (Collins) est ravagée par les flammes. Photo prise par le résident Wayne Wastaken alors qu’il fuyait en traversant le lac Collins. Namaygoosisagagun n’a pas le statut de bande ce qui l’empêche d’avoir accès même au soutien dont bénéficient les Premières Nations reconnues par le gouvernement fédéral. Linda Debassige, cheffe du Grand Conseil de la Nation Anishinabek, a accusé les gouvernements provincial et fédéral de « jouer au ping-pong » avec la Nation. « Services aux Autochtones Canada a reconnu cette autoévacuation », a déclaré cheffe Debassige à APTN. « Ils écrivent ça pour limiter leur responsabilité. Mais si la communauté avait attendu que les autorités provinciales déclenchent l’intervention d’urgence et ordonnent l’évacuation, nous serions aujourd’hui en mode récupération. Nous serions en train de récupérer les corps d’enfants, d’aînés, ainsi que des hommes et des femmes de cette communauté. » Des pratiques saines pour des territoires en santé Selon madame Cardinal Christianson, ce n’est pas une coïncidence si autant de communautés possèdent des histoires liées à l’Oiseau-Tonnerre, la foudre et ses effets constituant une réalité commune qui les unit. « Le feu est l’un des moyens dont se servent les peuples autochtones pour prendre soin du territoire », a-t-elle dit. « Nous l’utilisons dans nos cérémonies et pour d’autres choses, mais aussi pour maintenir la santé des territoires auxquels nos cultures sont étroitement liées. » Madame Cardinal Christianson explique que pourtant, la relation entre chaque communauté et le feu est différente, déterminée par différents facteurs allant des macro-éléments du climat et du paysage aux particularités locales des besoins en matière de chasse et de pêche. De nombreuses nations différentes ont développé des traditions culturelles spécialisées qui reflètent ce qu’elles comprennent de la terre sur laquelle elles vivaient. Elle explique que cette diversification est un défi pour les personnes non autochtones, en raison du désir de normaliser les réponses et de les appliquer de la même façon partout. « On ne peut pas [normaliser les pratiques de lutte contre les incendies], parce qu’elles dépendent tellement de chaque nation », a-t-elle expliqué. « C’est pourquoi, avec l’Initiative de leadership autochtone, nous sommes de grands promoteurs de programmes de gardiens, où les Autochtones sont employés dans leur communauté à des postes vraiment durables à long terme où ils peuvent utiliser leurs connaissances culturelles dans leur territoire local non seulement pour réduire les risques d’incendie grâce à ces activités, mais aussi pour améliorer la situation partout afin que nous puissions exister sur ce territoire. » Amy Cardinal Christianson a déclaré que les gouvernements comprennent mal la gravité avec laquelle les communautés autochtones font face à des catastrophes écologiques comme des tempêtes de feu d’une telle intensité qu’elles nuisent à la capacité des plantes de repousser. « Nos communautés subissent les effets de ces incendies à répétition », a-t-elle affirmé. « Les peuples autochtones sont les plus touchés au Canada par les incendies hors de contrôle. Pourtant, bien souvent, on entend “il faut davantage de fonds pour réaliser des études, davantage de fonds pour la recherche, ou davantage de fonds pour autre chose”. Au lieu de passer à l’action, on se contente de multiplier les études. Des Autochtones vont affirmer, par exemple, que “le brûlage culturel aide à réduire le risque de feu. Nos aînés nous le disent”, et on leur répond : “Non, il faudrait plutôt mener une étude”. » « Nous devons prouver ces choses grâce à la science occidentale. Et l’une des choses les plus difficiles pour les peuples autochtones, c’est que nous avons besoin d’agir maintenant. » Selon Amy Cardinal Christianson, le problème a commencé lorsque les colons ont tenté d’importer et d’appliquer des pratiques de gestion forestière conçues pour les forêts du centre de l’Europe — tempérées, feuillus et dominées par les feuillus — aux forêts boréales du Canada, qui dépendent des feux de forêt, pleines de résineux comme le pin et l’épinette. « Ils ont ensuite rendu illégaux les brûlages culturels pratiqués par les Autochtones, ainsi que d’autres pratiques que nous savions essentielles au maintien de la santé de ces territoires », a-t-elle expliqué. « Mais les gens diront ensuite : “Nous avons perdu notre savoir en matière de brûlage culturel.” Mais nous ne l’avons pas perdu. On nous l’a littéralement volé. Et il existe encore des savoirs dans les communautés : certaines n’ont jamais cessé de recourir aux brûlages culturels. D’autres, cependant, ont dû y renoncer. » Elle a par ailleurs fait remarquer qu’une personne peut suivre quelques années de formation en foresterie et arriver dans un territoire autochtone en position d’autorité. « Il y a des pompiers forestiers autochtones qui comptent 40 ans d’expérience, et la personne nouvellement arrivée leur dit quoi faire », a-t-elle expliqué. « On me répète sans cesse que c’est très frustrant. Au fond, tout cela revient à ne pas respecter les connaissances autochtones, ou à les dénigrer. Ce que nous tentons véritablement de changer, c’est qui est reconnu en tant que spécialiste. » La fumée des feux de forêt se fond dans le coucher du soleil sur les rives de la Première Nation de Neskantaga, en Ontario, le samedi 18 juillet 2026. La communauté a été placée sous état d’urgence par le chef et le conseil en réponse à la menace des feux de forêt et aux conditions météorologiques défavorables qui affectent la communauté. Photo : Chris Young/La Presse Canadienne Amy Cardinal Christianson a exprimé son inquiétude quant à la façon dont la science non autochtone sépare la terre en éléments constitutifs qu’elle considère indépendamment, et a déclaré que ce qui distingue la compréhension autochtone de la terre, c’est sa vision d’ensemble. « Les connaissances autochtones reposent véritablement sur une vision globale des systèmes », a-t-elle expliqué. « Alors, même quand nous parlons du feu, je pense à nos proches. Je pense à la faune. Je pense à l’eau. Je pense aux plantes médicinales. Nous pensons à toutes ces choses. La science occidentale, et même les pratiques de gestion des feux de forêt, est très cloisonnée. Elle a tendance à n’examiner qu’un problème à la fois. Alors que pour parvenir à maîtriser la situation, nous devons pouvoir tout prendre en compte. » Le gouvernement : partenaire ou adversaire? Au début de sa carrière lorsqu’elle travaillait avec le gouvernement fédéral dans le domaine de la prévention des incendies, madame Cardinal Christianson croyait que tout ce qui manquait pour qu’Ottawa comprenne le rôle central des connaissances autochtones, c’était un peu plus d’information. « Je pensais que si nous avions une autre étude montrant réellement les effets des brûlages culturels », se souvient-elle, « comment ils réduisent les risques de feu et les connaissances autochtones dans le domaine, le gouvernement changerait soudainement d’idée et dirait : “Oui, allons-y, nous allons vous financer et vous pourrez faire tout ce travail!” « J’ai réalisé à quel point j’avais été naïve. Il existe des systèmes de pouvoir très puissants qui influencent tout cela. Et je pense que la plupart des Autochtones le savent déjà. L’un des principaux problèmes auquel nous faisons face en matière de gestion du feu, c’est tout ce concept de qui est le réel expert. » Selon elle, la conséquence est que les gouvernements comptent sur les organismes de lutte contre les feux de forêt et les chercheurs formés par les universités pour trouver des solutions aux incendies. « Les peuples autochtones n’ont jamais été traités comme s’ils avaient une expertise dans ce domaine », a fait valoir Amy Cardinal Christianson. « On peut demander à des Autochtones d’aller former un organisme sur les brûlages culturels, les tactiques de lutte contre les incendies ou d’autres sujets, mais on ne les autorise pas ensuite à participer aux opérations de lutte contre les incendies parce que le gouvernement ne les considère pas comme des spécialistes qualifiés ou dûment certifiés. » Si la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, Cindy Woodhouse Nepinak a attribué des catastrophes comme la perte de la Première Nation Namaygoosisagagun au déficit d’infrastructures dans les communautés vivant dans les réserves, Amy Cardinal Christianson identifie un écart de connaissance parallèle selon lequel le gouvernement fédéral saisit mal la relation entre les Premières Nations et les territoires qu’ils occupent. « Pour nous, en tant que peuples autochtones, ne pas prendre correctement soin de nos territoires reviendrait essentiellement à nous condamner, nous et nos nations, à disparaître. Si vous ne pouvez pas survivre en comptant sur votre territoire, s’il ne produit plus ce dont vous avez besoin pour vivre, c’est pratiquement une condamnation à mort. Vous ne pouvez pas simplement aller à l’épicerie pour obtenir ce dont vous avez besoin. C’est pour ça qu’on a cette relation avec le territoire et que la santé de celui-ci est si importante pour nous. » En savoir plus : Un regard sur ce qui pourrait être une arme puissante dans la guerre contre les incendies de forêt Apprendre à contrer les feux de forêts Même si les organismes fédéraux et provinciaux ont laissé entendre qu’ils comprennent de plus en plus que les peuples autochtones disposaient, bien avant les premiers contacts avec les Européens, de systèmes de gestion du feu propres à leurs territoires, madame Cardinal Christianson affirme qu’il y a eu peu de changements concrets sur le plan institutionnel concernant l’autorité de prendre des décisions en matière de gestion du feu et les types de programmes qui reçoivent du financement. « Nous avons vu très peu de progrès en ce qui concerne le transfert de responsabilités aux peuples autochtones, ce qui est extrêmement frustrant pour les communautés. Combien de temps devrons-nous encore en parler avant de passer réellement à l’action? Quand allons-nous enfin faire quelque chose qui changera réellement la situation des peuples autochtones? » Madame Cardinal Christianson a apporté une correction: « Je ne devrais pas dire “nous”. Je parle du gouvernement, parce qu’en fin de compte, il a une responsabilité fiduciaire envers les peuples autochtones. C’est donc lui qui doit les appuyer et en assumer les coûts. » Avec la collaboration de Mike McDonald et de Leanne Sanders. Continue Reading

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